UN DÉSACCORD QUI DURE LONGTEMPS… 

                

Marie-Rose Joannis ne se rend pas.  Elle va trouver mille et une raisons pour dissuader son fils de devenir prêtre.   Elle consent pourtant à le voir au grand séminaire espérant que ce ne sera que temporaire.

 

Voici quelques extraits bien significatifs de lettres écrites vers 1909 par Eugène à sa mère. « Maman, cela fait trois ans que j’y pense.  Je sais ce que je fais.  Pourquoi voudriez-vous que je tarde davantage à m’engager ?  … J’ai été affligé en voyant que vous avez tant de peine à me voir entrer dans l’état où Dieu m’appelle et de regarder comme une calamité ce qui devrait faire votre joie… Encore une fois on ne peut se sanctifier qu’à la place où Dieu nous veut… Je ne puis assez déplorer que toute ma famille, à commencer par ma bonne mamette, ne se réunisse à moi pour remercier le bon Dieu… Comment dois-je faire pour vous convaincre que je me porte à merveille.  Ni les nerfs, ni la poitrine, ni la tête, ni les pieds ne souffrant en moi… » 

 

La mère finira par déclarer forfait.  À l’été 1812, elle écrira à son mari.  « La décision qu’il a prise m’a fait verser beaucoup de larmes.  Mes observations n’ont produit aucun effet, sa vocation étant venue de Dieu et non pour aucun autre motif humain. » (*)

 

Hervé Aubin – Le Fondateur des Oblats – p. 19