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Trésorier provincial
Jacques Laliberté, OMI

 

 

 

Élzéar Béliveau, OMI

 

Naissance, le 9 juillet 1922 

Premiers vœux, le 17 février 1943 

Vœux perpétuels, le 17 février 1946 

Ordination presbytérale, le 19 juin 1949 

 

 

Voici l'information rédigée par François Gloutnay sur  Le blogue de nouvelles de l'Association des médias catholiques et oecuméniques (AMéCO):

 

 

Elzéar Béliveau, OMI, est décédé dimanche dernier. Directeur du Centre St-Pierre durant près de deux décennies, il fut, en 1972, directeur du Centre catholique de l’Université d’Ottawa et éditeur du Prions en Église.«C'est Elzéar Béliveau qui avait mis sur pied l'équipe des rédacteurs et rédactrices du Prions», indique Claude Auger, auteur d'une brochure historique à l'occasion du 75e anniversaire de Novalis et ex-président de l'ACPC (1997-2000).

 

Le père Elzéar Béliveau est décédé à Richelieu, le 15 février 2015. Il avait 92 ans et 7 mois dont 72 ans de vie religieuse et 65 ans de vie sacerdotale.

Homélie de Benoît Garceau pour son confrère défunt

Funérailles E. Béliveau (samedi, le 21 février 2015) 

 

 

La mort nous a encore une fois visités. Elle nous a enlevé un confrère que nous aimions beaucoup. Pour moi, qui ai eu le bonheur de vivre six ans avec lui, à la maison provinciale, de 90 à 96, Elzéar a été durant ces années, comme un grand frère, dont j'avais profondément besoin pour assumer l'animation de la communauté provinciale. Le grand frère, qui ne se sent pas menacé par le cadet et qui sait comment suppléer à ses limites, sinon les corriger, restera toujours pour moi la meilleure image de ce que fut Elzéar au cours de ces années. J'avais besoin de ce grand frère, dont la liberté intérieure et le sens d'humour faisaient de lui un conseiller précieux. D'un grand frère qui nous rappelait, par sa présence et son action, un mot du Père Jetté , qui inspirait la vie de nombreux d'Oblats: 'On ne vit pas pour soi-même, car alors on étouffe et on meurt. On vit pour quelqu'un d'autre, quelqu'un qu'on aime et à qui on se donne, et qui, progressivement, finira par tout prendre de nous et par tout nous donner.'

 

Après l'expérience de la maison provinciale, nous avons eu peu d'occasions de vivre dans la même maison, de travailler au même ministère. Nous avons été, l'un pour l'autre, comme nous cherchons à l'être les uns pour les autres dans la communauté, des témoins de la résistance de la vie sur la mort, des témoins de la victoire de la vie sur la mort. Comment se fait cette résistance à la mort, ce triomphe de la vie sur la mort? En nous ouvrant toujours plus largement à la foi de Jésus, Quelle est cette foi de Jésus?

 

Ecoutons-le nous la redire, en deux petites phrases, qu'il a employées lorsqu'il s'est présenté à ses disciples comme le pain de vie. «Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m'a envoyé ne l'attire, et moi je le ressusciterai au dernier jour.» ( 6,44) Puis, «En vérité, en vérité, celui qui croit a la vie éternelle.»(6,47) . Tout commence par l'ouverture à l'Amour éternel, se laisser attirer par son aimantation, par l'attraît qu'il exerce sur nous. Tout s'achève dans la nouvelle création où la mort est éteinte, comme une fausse note dans la divine polyphonie.

 

«Celui qui croit a la vie éternelle». petit énoncé demande d'être écouté et souvent médité de nos jours, parce qu'il offre une lumière unique, une direction sûre, devant les difficultés qu'éprouvent nos contemporains devant la (p.2) bonne nouvelle de l'éternité. En ce temps qui est le nôtre, beaucoup de nos frères et sœurs sont angoissés par la mort. Moins ils peuvent imaginer ce qu'il y a au-delà du voile, plus il ont peur de la mort. Et, en même temps, beaucoup de nos frères et sœurs, qui croyaient en la vie après la mort, n'y croient plus; ils la voient comme une consolation inventée pout apaiser l'angoisse des plus faibles; il faudrait maintenant, à leur yeux, s'engager à lutter jusqu'au bout avec les armes de la science et de la technique, afin de surmonter cette angoisse.Pourtant, vaincre la mort, c'est au cœur de l'existence chrétienne. Cependant, vaincre la mort ne peut se faire que par l'ouverture de l'être humain au don de l'éternité, et non par la conquête de l'immortalité.

 

Vaincre la mort, c'est au cœur de l'existence chrétienne.

 

Vaincre la mort, cependant, ça ne se fait pas par notre recherche de l'immortalité , mais par l'ouverture à l'éternité. J'ose affirmer que cette prise de conscience est l'une des plus importantes de l'intelligence chrétienne des dernières décennies. Je ne puis m'empêcher de me rappeler deux témoins, qui m'ont aidé à le comprendre. Le témoignage d'un poète catholique, que nous savourions dans les années cinquante, Pierre Emmanuel : «ll faut renoncer à l'immortalité pour nous élever à l'éternité. » Puis l'autre, un théologien martyr, de confession luthérienne, Eternité et immortalité sont deux notions différentes, nées de deux mondes opposés. L'immortalité c'est ce qu'avant le Christ, on a toujours recherché. Le premier historien dans l'antiquité, Hérodote, a préfacé son œuvre, en déclarant qu'elle était écrite pour conférer aux héros une survie, une existence immortelle, dans la mémoire des hommes. Cette survie dans la pensée des autres attire beaucoup aujourd'hui ; on cherche à réussir, à se démarquer des autres, à devenir bien connu, comme l'étaient les académiciens immortels. L'immortalité est une survie qui nous situe au-dehors de la vie, dans la pensée des autres.

 

L'éternité, au contraire, c'est la manière d'être de Dieu. Du Dieu qui a créé des créateurs, comme aimait le dire le philosophe Bergson, du Dieu qui nous offre et nous prie de nous ouvrir à ce qu'Il veut communiquer, son Amour éternel, qui nous rend avec Lui éternel. Pour se donner à une profonde gratitude pour le don qu'il a été pour nous. Car c'est la vocation essentielle que Dieu nous confie : être les uns pour les autres un don. Cette vocation, Elzéar l'a fidèlement assumée. Enfin, outre la tristesse, le regret et la gratitude, un grand espoir d'être, nous aussi, avec lui, des êtres qui refusent toute complicité avec la mort, et qui ne consentent qu'à une seule espèce de mort, celle qui mous ouvre à la vie. Amen.nous, l'Éternel suppose de notre part un désaisissement de soi, tout le contraire de ce que réclame l'immortalité. Il nous faut, en quelque sorte, nous désaisir de l'immortalité pour nous élever à l'éternité.

 

De la vie d'Elzéar, je garde le souvenir d'un homme humble et libre, qui remplissait bien la condition évoquée : «quand on a complètement renoncé à devenir quelqu'un, on se jette tout entier dans les bras de Dieu».

 

Frères et sœurs, c'est un être cher qui nous a quitté, et quand une telle séparation se produit, des sentiments variés se bousculent en nous. D'abord, bien sûr, la tristesse devant son départ. Puis, ajouté à cette tristesse, le regret de ne pas lui avoir dit toute l'affection que nous avions pour lui. Tristesse, regret, mais surtout l'affection que nous avions pour lui. Tristesse, regret, mais surtout une profonde gratitude pour le don qu'il a été pour nous. Car c'est la vocation essentielle que Dieu nous confie : être les uns pour les autres un don. Cette vocation, Elzéar l'a fidèlement assumée.

 

Enfin, outre la tristesse, le regret et la gratitude, un grand espoir d'être, nous aussi, avec lui, des êtres qui refusent toute complicité avec la mort, et qui ne consentent qu'à une seule espèce de mort, celle qui mous ouvre à la vie.

 

Amen.

Benoît Garceau, OMI