APRÈS L’ORAGE…

 

La crise qui vient de secouer les Missionnaires a certainement laissé des traces. Dans l’esprit et surtout dans le cœur de ceux qui sont restés. On ne peut avoir assisté à des moments passant de l’inquiétude à l’émotion la plus grande sans qu’il en reste quelque chose. Un attachement plus grand probablement pour ceux qui ont dû assister à l’incroyable auto-flagellation du Fondateur. Sans doute aussi un sentiment accru de la fragilité de la Société.

Eugène ne peut oublier l’attitude de l’évêque de Fréjus et de ses conseillers qui se croient autorisés à relever de leur propre chef les missionnaires de leurs vœux. « Cette prise de position, à la fois politique et doctrinale fait comprendre au Père de Mazenod que seule l’approbation par le Saint Père garantirait la Congrégation de l’intervention des évêques." La Société est en effet interdiocésaine. "À la fin de 1825, elle compte 18 profès et 8 novices en quatre maisons et autant de diocèses. Elle prêche dans six diocèses du Midi. » (*)

Eugène hésite. Mais ses confrères le pressent d’agir. Fin octobre, il partira pour Rome avec les Règles des Missionnaires de Provence approuvées par les six évêques pour qui ils travaillent déjà et celui de Nice où un projet de mission prend forme. Eugène ne s’en va pas de gaieté de cœur. Une occasion de plus de vivre son « tout-pour-Dieu ».

(*) Cardinal Roger Etchegaray – Vie d’Eugène de Mazenod – p. 94

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