TÉMOIGNAGE D’UN NEVEU ET COLLABORATEUR …

Dans son journal du 15 mai 1838, Eugène écrit: «Je ne crois pas qu'il puisse exister un homme plus heureux sur la terre. Parvenu à l'âge de quatre-vingt-dix ans sans aucune infirmité; jouissant d'une sérénité d'esprit d'un homme de trente ans, avec un caractère gai et jovial, ne s'affectant de rien de façon à troubler le repos de son âme; entouré d'une famille qui le chérit et le vénère, d'amis qui partagent ses sentiments [...] jouissant aux yeux des hommes du rare avantage de se voir attribuer tout le bien qui s'est fait sous son épiscopat, dont la partie pénible, celle qui froisse et qui contrarie, tout l'odieux en un mot inséparable des mesures les plus sages, m'était dévolu; enfin rendu indépendant des secours même que mon attachement lui réservait par l'honorable retraite que je lui ai obtenue, qui le mettra à même de se livrer sans gêne aux penchants généreux de son cœur, voilà la récompense que le bon Dieu réservait en ce monde à notre saint patriarche, sans détriment de celle qu'il lui accordera dans le ciel après cent ans, j'espère, d'une douce et sainte vie. » (… )

« Cette situation pré-céleste ne dura pas. Au début de 1840, un refroidissement détermina bien vite une grave maladie. Mgr Fortuné mourut le 22 février après avoir reçu des mains de son neveu le sacrement des malades. » (*)

On devine la douleur d’Eugène à la mort de cet oncle avec qui il a partagé tant d’années d’exil, qu’il a secondé avec tant de conscience en tant que vicaire général et à qui il a pris soin d’assurer une fin de vie calme et heure

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Par Denyse Mostert, associée

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