MON PREMIER NOËL À HAVRE-SAINT-PIERRE 

 

Il y aura quatre mois bientôt que je suis arrivé au Havre, comme on dit ici. C’est un endroit magnifique. Je n’ai jamais habité un presbytère mieux situé, à deux pas de l’eau. Notre horizon, c’est le point de rencontre entre la mer et le ciel. Heureusement, il y a une grosse île en face pour nous garder les deux pieds sur terre et ne pas se perdre trop longtemps en rêverie. 

 

Les gens sont accueillants et talentueux, des gens fiers et débrouillards. La ville a su conserver une bonne part de jeunes familles grâce, en particulier, à l’exploitation de la mine de fer et titane. Ici comme ailleurs, la proportion de retraitées est importante. La population du Québec vieillit, et cela se voit ici aussi, en particulier parmi ceux et celles qui fréquentent l’église. La grande pauvreté de notre Église locale c’est que les jeunes familles sont absentes. Il y a urgence de susciter des disciples-missionnaires auprès des jeunes et de renouveler le leadership de la communauté chrétienne. Les membres de l’équipe locale sont de mon âge, ce n’est pas un défaut, mais ce n’est pas l’avenir. Comment susciter chez les plus jeunes le goût de s’engager alors qu’ils sont absents ? C’est tout un défi. En plus du Havre, nous desservons trois petits villages : Longue-Pointe-de-Mingan, Rivière-Saint-Jean et Rivière-au-Tonnerre. Pour la fête de Noël, j’ai justement assuré le service dans les deux premiers. Partout, les églises étaient pleines avec une belle animation liturgique et crèche vivante. L’atmosphère était à la joie et au recueillement. Je me suis trouvé privilégié d’être là. 

Gaston Morin, o.m.i.