LE SERVITEUR DE TOUS… 

mais la FAMILLE AVANT TOUT

Nous sommes en 1814. Après le départ de Napoléon, le Pape demande de prêcher des missions afin de secourir l’Église de France ravagée. Forbin Janson, l’ami d’Eugène songe à établir un groupe de missionnaires destinés à s’en aller prêcher dans les paroisses les plus abandonnées. Tout naturellement, il invite Eugène à se joindre à eux. 

Celui-ci refuse. « Moi, je n’y pense pas pour le moment... Mon père et mes oncles, sont au moment de rentrer. Ils ont, à leur arrivée, un besoin indispensable de moi. Il faudra ensuite que je les place», écrit-il. Et ensuite ? Ensuite il explique : « Après, je serai à moi, si toutefois cela est possible; car, dès à présent et depuis longtemps, je suis le serviteur [de tous] et à la disposition du premier venu. C’est apparemment la volonté de Dieu. » 

Le premier venu pour l’Abbé de Mazenod, ce ne peut être que celui dont le besoin est aussi immédiat que criant. On peut penser à son ministère auprès des moins bien nantis d’Aix, des prisonniers et de sa chère Congrégation qui a maintenant pris son élan. C’est aussi le soutien à apporter à M. de Mazenod et à ses frères qui vont enfin pouvoir regagner la France après un long exil. Tant qu’Eugène y reconnaîtra la volonté de Dieu, on peut être sûr qu’il s’y consacrera à cent pour cent.