DÉCISION … 

Les hésitations se continuent une bonne partie de 1815. L’Abbé de Mazenod se sent responsable des Congréganistes et il veut demeurer disponible pour le retour en France de M. de Mazenod et de ses frères qui sont encore à Palerme. L’insécurité politique due au retour de Napoléon n’arrange rien. C’est dans ce contexte qu’à l’automne Eugène discerne clairement la volonté de Dieu. 

Loin de se lancer à l’aveuglette, il a médité, réfléchi et pris la peine de consulter des conseillers imminents dont M. Duclaux, son ancien directeur de séminaire. À tous il a fait part de la proposition de son ami de se joindre aux Missionnaires de France. M. Duclaux conseille vivement à Eugène de continuer les missions entreprises et ‘’dans les intervalles libres » seulement de devenir prêcheurs itinérants. 

‘’Alea jacta est’’. En octobre 1815, Eugène écrit à Forbin Janson : « Maintenant je te demande, et je me demande comment moi qui jusqu’à ce moment n’avais pu me déterminer à prendre un parti… je me trouve à avoir mis en train cette machine, m’être engagé à sacrifier mon repos et hasardé ma fortune pour un établissement dont je sentais tout le prix mais pour lequel je n’avais qu’un attrait combattu par d’autres vues diamétralement opposées… » Et il continue avec la spontanéité que nous lui connaissons : Tu ne m’appellerais plus cul-de-plomb si tu voyais comme je me démène ; je suis presque digne de t’être comparé tant mon activité est grande…(*) 

‘Il ne lui reste maintenant qu’à trouver des prêtres qui accepteront d’adhérer à son projet de mission. 

(*) Cardinal Roger Etchegaray, vie d’Eugène de Mazenod, p. 67-68. 74 73