À LA RECHERCHE D’UN TOIT… 

 

Alors que la même « secousse intérieure » continue à l’animer, Eugène de Mazenod a pris la mesure des risques possibles de son projet. C’est ce qu’il écrit, Le 25 octobre 1815, à son ami Forbin Janson. «Tout à coup je me trouve avoir mis en train cette machine, m’être engagé à sacrifier mon repos et hasarder ma fortune pour faire un établissement dont je sentais tout le prix. » 

Maintenant que la décision est prise, il lui faut s’engager fermement dans l’action. C’est ce qu’il fait, en homme d’affaire résolu à faire l’achat ‘’d’une maison et d’une propriété assez grandes pour accueillir les quelque 300 jeunes plein d’énergie qui se réunissent tous les jeudis et dimanches pour la prière… et d’une grande maison pour accueillir les futurs membres du groupe de missionnaires qu’il avait l’intention de fonder…’’ 

Loin de faire cavalier seul dans ces recherches, Eugène intègre dans le projet « quelques prêtres … propres à la s[ain]te œuvre ». Et lorsqu’une première transaction échoue, il semble que l’intérêt de ces prêtres renforce grandement sa détermination ainsi qu’il l’avoue à Forbin Janson. «Ceux-ci ne se tinrent pas pour battus, quand je fus débouté. J’eus honte ou scrupule de laisser amortir leur beau feu… » 

Effectivement, une nouvelle affaire se conclut rapidement, au-delà de tout espoir. Le couvent des Carmélites va devenir le berceau du ‘’rêve charismatique’’ du prêtre inspiré. Que de choses vont s’y vivre, bien palpables aujourd’hui encore ! 

Dans cette affaire il y a Eugène de Mazenod, le prêtre qu’un long cheminement a amené à dire oui à une invitation divine à laquelle il ne pouvait d’abord se résoudre. Il y a l’homme avisé qui pressent la force d’un projet partagé et sait discerner les qualités d’éventuels collaborateurs. Il y a l’enthousiasme de ceux-ci qui vont le pousser en avant. Et enfin il y a Forbin Janson, le grand ami à qui il est si bon de se confier. Ref. : http://www.eugenedemazenod.net/fra/ – 17 janvier 2011