CATÉCHISMES ET COLIFICHETS… 

 

Des activités secondaires et très concrètes viennent aérer la tension que peut parfois causer une formation comme celle d’Eugène au séminaire. 

 

 

Pour le mariage de sa sœur Eugénie avec Armand de Boisgelin, il est chargé d’acheter et expédier différentes choses comme brodequins, souliers, robes et garnitures en velours… Je trouve un peu amusant de voir un jeune homme s’occuper d’achats généralement réservés à la gent féminine ! « C’était le jour de la grande promenade, écrit-il à sa mère. On ne refuse jamais la permission de sortir, écrit-il. Et il ne s’est guère passé de semaines où je n’ai profité de cette permission. » (*) Voici qui nous parle de la souplesse de Saint-Sulpice et de la volonté d’Eugène de rendre service à sa famille.. 

 

En février 1809, le voici catéchiste à la paroisse Saint-Sulpice. À sa mère encore, il raconte : « Un seul de ces catéchisme n’allait pas au gré de M. le directeur des catéchismes, moins peut-être par la faute de ceux qui en sont chargés que par les mauvaises dispositions de ceux qui le composent. Ce sont les plus pauvres de la paroisse, des enfants de cabaretiers, en un mot porteurs de poux. On a jugé que peut-être je pourrais donner de l’âme à ce corps languissant… » (*) Les directeurs du Séminaire auraient-ils pressenti le charisme du futur « prêtre des pauvres » ? 

 

Quelques jours plus tard il se voit confier un catéchisme supplémentaire en préparation de la première communion et, en 1811 et malgré ses réticences, un catéchisme de persévérance « pour grandes personnes très instruites et très pieuses auxquelles il est difficile de parler sans préparation. » (*) 

 

Pas de temps pour l’ennui au séminaire ! Des charges par lesquelles Eugène apprend à donner le meilleur de lui-même. 

 

(*) Cardinal Roger Etchegaray – Eugène de Mazenod – p. 46

Photo: D. Miny